La justice et la santé, notamment la santé mentale, travaillent ensemble depuis bien longtemps dans différents domaines. Les magistrats fondent par exemple certaines de leurs décisions sur des expertises médicales, ils et elles peuvent prononcer des obligations ou des injonctions de soins, et peuvent confirmer des hospitalisations sous la contrainte. De leurs côtés, les médecins contribuent à la mise en œuvre de ces expertises et soins « obligés » par voies de justice, et parfois les demandent, avec le soutien des travailleurs sociaux. Ces collaborations sont bien connues au sein des services dits « fermés » des hôpitaux, de nombreux établissements d’hébergement, des centres pénitentiaires, des services de la Protection Judiciaire de la Jeunesse ou du Service Pénitentiaire d’insertion et de Probation. Elles concernent à la fois des mineurs et des majeurs, des auteurs de crimes et délits, ou des victimes, parfois les deux, dans des domaines aussi variés que les violences conjugales ou intrafamiliales, les consommations et trafics de stupéfiants, les agressions sexuelles, et bien sûr, les radicalisations violentes et le terrorisme. Nous tenterons à l’occasion de cette journée de sensibilisation, organisée à la demande de l’Agence Régionale de Santé du Grand Est, de comprendre en quoi la menace terroriste a fait évoluer les enjeux et pratiques des acteurs du médico-social, de la santé et de la justice, quelles sont les fonctions des uns et des autres, et quelles perspectives dessiner pour le futur.